Le feu, le modèle, et ce qu’une autre politique aurait changé
Partie 2 — six jours de mégafeu, un modèle qui apprend la lutte, et un contrefactuel politique mené honnêtement
Le premier billet racontait la construction de l’outil et se terminait sur son enseignement le plus inconfortable : le modèle ne prévoit pas ce que l’incendie va faire, il prévoit ce qu’il ferait si personne ne s’y opposait. L’écart entre les deux — un facteur 1,7 le jour où le feu courait librement, un facteur 12 le jour où les secours tenaient le front — c’est la lutte, et le modèle ne la représentait pas du tout.
Ce billet raconte quatre choses : ce que le feu a fait depuis, ce que le modèle a appris en essayant de représenter les secours, ce que la lutte réelle doit à une armée que personne ne budgète — les habitants et les agriculteurs —, et ce que ce modèle permet de dire — prudemment — sur une question politique qu’on m’a posée : si le programme de l’Avenir en commun avait été appliqué depuis deux mandats, qu’est-ce que ça aurait changé sur un épisode comme celui-là ?
Comment on note un modèle sur le passé — trois termes qui reviendront tout du long. Le rejeu rétrospectif : on se replace à un instant passé, on ne donne au modèle que ce qui était connu à ce moment-là, on simule vers l’avant, et on compare au réel. Le biais de surface : le rapport entre la surface prédite et la surface observée — un biais de 7,5 veut dire que le modèle fait brûler sept fois et demie trop. L’AUC : tirez au hasard une cellule qui a brûlé et une qui n’a pas brûlé ; l’AUC est la probabilité que le modèle ait donné un score plus élevé à la première. À 0,95, il se trompe rarement sur le où — même quand il se trompe lourdement sur le combien.
Six jours, quarante-cinq mille hectares
D’abord les faits, parce qu’ils donnent l’échelle. Le feu principal n’est pas parti de Biscarrosse : il est parti le 22 juillet à Saumos, en Gironde, d’un chantier de débroussaillage — 1 400 hectares le soir même. Celui de Biscarrosse, une camionnette en feu, a suivi le lendemain. À partir de là, les journées se comptent en dizaines de milliers d’hectares :
- 24 juillet — 19 000 ha en Gironde, 110 000 personnes évacuées, dont la presqu’île du Cap Ferret par la terre et par la mer ;
- 25 juillet — plus de 32 000 ha, 167 000 évacués, premier largage de retardant — un produit qui ne s’évapore pas comme l’eau mais tapisse la végétation pour la rendre ininflammable — par un A400M de l’armée de l’air ;
- 26 juillet — 42 000 ha, cinq communes aux portes de Bordeaux évacuées par FR-Alert : environ 220 000 personnes déplacées au total, une des plus grandes évacuations françaises en temps de paix ;
- 27-28 juillet — accalmie, pare-feux élargis au bulldozer, feu « contenu mais pas fixé », puis « stabilisé »… et une nouvelle vague de chaleur annoncée par Météo-France.
Cliquez sur les figures pour les ouvrir en grand.
Au dernier bilan que j’ai pu sourcer : 42 000 ha en Gironde, 3 500 dans les Landes, 88 sapeurs-pompiers blessés, plus de 2 750 pompiers et près de 3 000 gendarmes et militaires engagés, des renforts européens (Canadairs croates, Air Tractors portugais, hélicoptères lourds tchèque et slovaque), un drone Reaper pour la cartographie thermique. EDF a indiqué que le Blayais, à une cinquantaine de kilomètres des flammes, n’est pas menacé — la question qui avait lancé tout ce projet a donc, pour l’instant, une réponse rassurante. Le Laser Mégajoule du CEA, lui, a vu des pare-feux creusés en urgence autour de son site.
📡 Côté outil : la carte kokusho.ss2i.ca suit toujours les deux foyers. Ce matin, le modèle a fait passer la base aérienne de Cazaux en vigilance renforcée face au foyer secondaire — le front observé est à 7,3 km et un tiers des scénarios sans lutte atteignent la zone des 6 km sous 48 h. Précision d’honnêteté : aucune source de presse ne documente de menace sur Cazaux ; c’est une sortie de modèle, et une sortie contrefactuelle. C’est exactement la nuance que ce billet va passer son temps à faire.
Ce qui a marché dans le modèle
Depuis le premier billet, le modèle a passé deux épreuves et gagné un étage.
Première épreuve : l’hypothèse du manque de combustible. La sur-prédiction du 25 juillet (facteur 12) avait une explication concurrente de la lutte : le feu était peut-être simplement coincé entre l’océan, les étangs et sa propre cicatrice, sans plus rien à brûler. Le test est simple et je le recommande à tous les modélisateurs : regarder où le modèle fait brûler ses hectares excédentaires. Verdict sans appel — 94 % de la surface prédite tombe sur de la pinède intacte que le vrai feu n’a jamais touchée. Le combustible était là. Le feu ne l’a pas pris. Ce qui l’en a empêché, c’est bien la lutte, et il fallait la modéliser.
Deuxième épreuve : deux tentatives de modèle de lutte, deux échecs instructifs. La première tirait au sort, cellule par cellule, si les secours tenaient : il aurait fallu gagner 93 % des escarmouches, on en gagnait 15 %. La seconde tenait des tronçons de piste entiers — une trentaine de kilomètres tenus… que le feu contournait tranquillement. La leçon vaut la peine d’être écrite en gras : on ne contient pas un incendie en tenant beaucoup de ligne, on le contient en tenant une boucle fermée, ancrée sur des barrières que le feu ne franchit pas. Le confinement est un problème de topologie, pas de physique locale.
L’étage gagné : modéliser le raisonnement du commandant. Trouver la meilleure boucle fermée autour d’un feu, en s’appuyant au maximum sur l’eau, les zones déjà brûlées et les routes existantes, est un problème que les mathématiques savent résoudre exactement, et l’idée se raconte sans équation. Tout chemin qui mène du feu à l’extérieur doit traverser la ligne de défense — sinon la boucle n’est pas fermée, et le feu trouvera le trou. Chercher la meilleure boucle, c’est donc chercher l’ensemble de cellules le moins cher à tenir qui coupe tous les chemins : c’est ce qu’on appelle une coupe minimale. Un théorème classique — Ford et Fulkerson, 1956 — dit que cette coupe se calcule en résolvant un problème d’écoulement : imaginez qu’on essaie de pousser un fluide du feu vers l’extérieur, chaque cellule laissant passer un débit égal à son coût de défense ; le débit maximal qui parvient à s’écouler est exactement le prix de la meilleure barrière, et les cellules qui saturent sont la barrière. C’est ce que calcule l’algorithme de Dinitz, implémenté dans SciPy. L’eau est gratuite, une piste coûte moitié prix, la pinède ouverte coûte plein tarif — et chaque kilomètre est facturé selon la probabilité qu’une équipe puisse réellement le tenir, d’après les seuils opérationnels documentés : en dessous de 2 000 kW par mètre de front, l’attaque directe est possible ; au-delà de 10 000, rien ne tient, aérien compris.
Intensité de Byram (Byram, 1959) : la puissance dégagée par mètre linéaire de front, en kW/m — le produit du pouvoir calorifique du végétal, de la masse consumée par mètre carré et de la vitesse d’avancée du front. C’est la grandeur qui décide de tout : une pinède landaise qui court à 600 m/h dégage environ 6 000 kW/m — déjà hors de portée d’une attaque directe au sol. La hauteur des flammes s’en déduit presque directement (environ 4 m ici).
Deux détails de mise en œuvre, pour qui voudrait refaire le calcul. D’abord, les algorithmes de flot font porter les capacités par les liaisons entre cases, alors qu’ici c’est la case elle-même qu’on achète : on dédouble donc chaque case en une « entrée » et une « sortie » reliées par un arc interne au prix de la case — la technique dite du node splitting (Ahuja, Magnanti & Orlin, Network Flows, 1993, § 2.4). Ensuite, la coupe doit séparer les cases en comptant leurs huit voisines, diagonales comprises — le « voisinage de Moore » des automates cellulaires — parce que le feu se propage aussi en diagonale : une barrière qui ne bloque que les quatre voisines cardinales laisse le feu se faufiler entre deux cases posées en quinconce.
La boucle du commandant, en principe : chaque nature de terrain a son prix, et la coupe la moins chère qui ferme le tour est la stratégie.
La mise au point a été une leçon d’humilité par itérations, chacune payée d’un rejeu rétrospectif d’une vingtaine de minutes :
- sans prix de la surface concédée, la coupe « optimale » allait chercher les étangs à trente kilomètres et abandonnait 150 000 hectares — mathématiquement minimal, opérationnellement absurde ;
- une ligne tenue à 3 h du matin n’est pas tenue à 15 h : il a fallu ajouter le débordement, la ré-épreuve des lignes quand le front s’intensifie nettement — c’est le sursaut de mi-journée qui fait céder les lignes établies de nuit ;
- et les moyens sont finis : la défense est toujours tentée, mais les unités s’épuisent arc par arc, et les trous de financement deviennent les brèches par lesquelles les grands feux débordent.
Et la même boucle en vrai : le plan calculé par la coupe minimale sur le feu du 25 juillet, ancré sur l’océan, les étangs et la cicatrice. Chaque îlot orange à l’est ceinture un foyer secondaire repéré à l’écart du feu principal.
Le résultat, sur les deux journées de référence : le jour contenu, le biais tombe de 12 à 7,5 — mieux, pas bien ; le reste se partage entre les recoins de la cicatrice que le satellite n’a pas vus brûler, les sautes de feu que le modèle ne combat pas encore, et l’humidité des combustibles, toujours calculée par une formule instantanée sans mémoire (Simard, 1968) : elle ne regarde que la température et l’humidité de l’heure, si bien qu’un après-midi à 39,8 °C peut paraître plus humide que la veille. Le remède connu est l’indice forêt-météo canadien (Van Wagner, 1987) et ses composantes cumulatives DMC et DC — deux « réservoirs » qui se remplissent à chaque pluie et se vident jour après jour avec la chaleur, gardant ainsi la mémoire des semaines de sécheresse accumulée. C’est le prochain chantier. Le jour où le feu a échappé, en revanche, le modèle prédit désormais une surface moyenne à 14 % près de l’observé, en sachant pourquoi : les lignes tenues du matin cèdent au pic thermique. Dans les deux cas, l’AUC reste au-dessus de 0,95 — le modèle sait toujours où le feu va.
L’expérience qu’un modèle permet : faire varier les moyens
Et c’est ici que la modélisation devient un instrument politique — au sens noble. La v3 paramètre la lutte en « unités engagées », une unité tenant environ un kilomètre de ligne, l’effectif étant tiré au sort autour d’une moyenne calée sur les mobilisations réelles (2 000 à 2 750 pompiers sur les grands feux girondins de 2022 et 2026). Rien n’empêche alors de tourner le bouton : que se passe-t-il avec 30 % de moyens en moins ? Avec 50 % de plus ?
J’ai rejoué les deux journées de référence à trois niveaux d’engagement, vingt tirages chacun :
| Moyens engagés | 25 juillet (front tenable) surface nouvelle médiane | 24 juillet (front intenable) surface nouvelle médiane |
|---|---|---|
| −70 % (« trois mégafeux en même temps ») | 22 067 ha | 8 244 ha |
| −30 % (« l’austérité continue ») | 18 352 ha | 6 154 ha |
| Nominal (mobilisation réelle) | 18 324 ha | 6 154 ha |
| +50 % (« le service public reconstruit ») | 18 324 ha | 6 154 ha |
Rejeux rétrospectifs +12 h, 20 tirages par niveau d’engagement. « Médiane » : la moitié des tirages brûlent plus, l’autre moitié moins — plus robuste qu’une moyenne face aux tirages extrêmes. Observé : 1 645 ha le 25, 4 642 ha le 24. Ordres de grandeur d’un modèle expérimental, pas des prévisions.
Je m’attendais à une belle courbe décroissante — plus de moyens, moins d’hectares. Le modèle m’a répondu autre chose, et c’est le résultat le plus intéressant de la semaine : les moyens n’achètent pas des hectares, ils achètent une boucle. En dessous du seuil où la boucle cesse d’être finançable — ici, autour de −70 %, l’équivalent d’un dispositif dispersé sur trois mégafeux simultanés, ce qui est exactement la crainte des étés à venir — on perd des milliers d’hectares d’un coup. Au-dessus du seuil, le rendement marginal s’effondre : entre le nominal et +50 %, pas un hectare de différence. Et le 24 juillet, la colonne entière le dit : qu’on aligne 34 ou 168 unités, le feu passe — les lignes cèdent à l’intensité, pas au nombre.
La forme de la courbe est le résultat : un seuil, puis une saturation — et le 24 juillet, une courbe que les moyens ne font plus bouger.
Une réserve d’importance avant d’en tirer des conclusions politiques : ce tableau minore l’effet réel des moyens, parce que le modèle ne représente ni l’attaque des feux naissants — étouffer un départ dans la première heure, là où chaque Canadair disponible compte double — ni la rapidité des rotations aériennes, ni le partage du dispositif entre plusieurs feux. Ce qu’il établit, c’est la forme de la courbe : un seuil, puis une saturation. Pas l’inutilité des moyens.
L’autre armée : la logistique qui craque, et ceux qui la portent
Il y a une chose que ni le tableau ni la courbe ne montrent, et qui saute aux yeux dès qu’on lit les points de situation et la presse locale : la question n’était pas seulement combien d’unités, mais comment elles tenaient debout. La logistique — l’eau, les véhicules, les avions, le ravitaillement des hommes — a été le maillon faible de bout en bout, et elle craquait avant même l’épisode.
Les faits, datés. Pendant les feux, sept Canadairs sur douze étaient opérationnels, les autres immobilisés par la maintenance d’appareils trentenaires — et la commande de deux appareils supplémentaires avait été annulée en 2024, avant d’être repassée en juin 2026 pour livraison… en 2032. Le parc national de camions-citernes feux de forêts est passé de 5 117 en 2002 à 3 845 en 2020, avec un taux de vétusté monté de 51 à 61 % ; la fédération des sapeurs-pompiers estime qu’il en faudrait 10 000. Trois semaines avant l’épisode, le 6 juillet, un syndicat de pompiers professionnels alertait qu’il manquait plus de 300 véhicules pour couvrir les besoins d’une saison déjà à 7 000 départs de feux. Sur le terrain, un chef de bataillon demandait un camion de 13 000 litres pour « maintenir une permanence d’eau », les colonnes de renfort arrivaient d’Île-de-France, et un sapeur-pompier volontaire des Bouches-du-Rhône est mort sur la route — en mission de ravitaillement. Un adjudant-chef le dit sans détour dans la presse : « on n’a pas suffisamment de moyens, ni humains, ni matériels, pour répondre à des catastrophes d’une dimension si importante ». Ce ne sont pas des accidents : la Cour des comptes (2022) parlait de « défaut d’anticipation » sur la flotte aérienne, le Sénat (2022) de « sous-investissement chronique » dans les camions, et les fédérations de pompiers d’un « modèle à bout de souffle ». Quatre ans plus tard, l’épisode de 2026 s’est joué avec ces défaillances-là, connues, écrites, et non corrigées.
Et pourtant les lignes ont tenu les jours tenables. En partie parce qu’une seconde armée s’est levée, que personne ne budgète. Le 24 juillet à 7 h du matin, la préfecture des Landes lance officiellement « un appel à la solidarité auprès des agriculteurs pour apporter des tonnes à eau » — ces citernes de dizaines de milliers de litres qu’on remorque derrière un tracteur, et qui réalimentent les camions au plus près du front. En quelques heures, la chambre d’agriculture de la Gironde enregistre plus de 500 volontaires — vignerons du Médoc, négociants avec leurs camions-citernes, entreprises de travaux publics avec déchaumeurs, lames et bulldozers — dont une centaine interviendront effectivement sur le feu de Saumos, au point que l’appel est suspendu le 27, débordé par l’afflux. La filière bois a couché 22 kilomètres de pins en vingt-quatre heures pour ouvrir des pare-feux — 103 km de pare-feux et de pistes d’accès créés au total, dit le point préfectoral du 27. Derrière le front : des bénévoles qui tiennent les centres de ravitaillement des 2 750 pompiers, des restaurateurs qui préparent des milliers de repas, des vétérinaires qui soignent gratuitement les animaux évacués, le parc des expositions de Bordeaux-Lac ouvert pour 10 000 personnes. Rien de tout cela n’est improvisé de zéro : en 2022 déjà, à Landiras, les tonnes à lisier des agriculteurs avaient fait gagner « jusqu’à trois heures par jour » aux pompiers selon la chambre d’agriculture — et c’est précisément cette expérience que la Gironde avait commencé à formaliser, un mois avant l’épisode, en recensant le matériel agricole mobilisable.
Relisons cela avec les lunettes du modèle, parce que ça éclaire les deux. Le modèle compte des « unités qui tiennent un kilomètre » sans demander qui les arme : en réalité, une partie de ces unités-là étaient des tracteurs. La réalimentation en eau, les trois heures par jour de 2022, les pare-feux labourés — dans le vocabulaire du modèle, c’est de l’endurance : des arcs qui restent tenus au lieu de céder faute d’eau, des unités qui restent sur la ligne au lieu de faire la navette. Autrement dit, la marge sous le seuil, cette marge dont la courbe montre qu’elle décide de tout, a été en partie fournie par la société elle-même — au moment où l’État, qui avait sur son bureau depuis quatre ans les rapports chiffrant ce qui manquait, ne l’avait pas. Il faut dire les deux moitiés de cette phrase : l’entraide a été magnifique, et elle est le symptôme d’un manque. Une tonne à lisier ne remplace pas un Canadair en maintenance ; cinq cents volontaires en vingt-quatre heures ne se commandent pas, ne se planifient pas, et se suspendent quand l’afflux déborde la coordination ; et un système qui a structurellement besoin des tracteurs de ses voisins pour tenir ses lignes n’est pas un système dimensionné — c’est exactement ce que le rapport parlementaire sur la « valeur du sauvé », présenté dix jours avant l’épisode, essayait de dire en langage budgétaire.
Et si l’Avenir en commun avait été appliqué depuis deux mandats ?
Venons-y. La question m’a été posée ainsi : les mesures proposées par La France insoumise, appliquées depuis 2017, auraient-elles changé quelque chose à un épisode comme celui-ci ? L’exercice est un contrefactuel : il ne se vérifie pas, il s’argumente. Je vais donc commencer par ce que le programme contient vraiment, parce que la première surprise est là.
Ce que le programme contient — et ne contient pas. J’ai cherché. Ni l’édition 2017 ni l’édition 2022 de l’Avenir en commun ne comportent de chapitre sécurité civile. Pas de nombre de sapeurs-pompiers à recruter, pas de budget SDIS, pas de nombre de Canadairs. Les mesures qui touchent notre sujet sont ailleurs :
- la section 27 (« Défendre la forêt ») : renforcer les moyens et les effectifs de l’ONF, interdire les coupes rases — l’abattage d’une parcelle entière d’un seul coup —, promouvoir des forêts diversifiées en essences et en âges contre les monocultures, et « renforcer les moyens de prévention et de lutte contre les incendies » — formulation sans chiffre ;
- le livret thématique Forêt : doublement des effectifs de l’ONF (environ 8 400 agents aujourd’hui, 16 000 au milieu des années 1980), acquisition publique de 100 000 ha, moyens anti-incendie jugés « notoirement insuffisants » ;
- la section 79 : une force méditerranéenne d’intervention et de sécurité civile contre les incendies — la mesure la plus directement « feu » du programme ;
- la section 68 : une conscription citoyenne de neuf mois incluant des missions de sécurité civile, et une garde nationale sous commandement civil.
Au Parlement, en revanche, les chiffres existent. J’ai dépouillé les archives des deux dernières législatures (2022-2026), et le tableau est plus précis — et plus modeste — que ne le laisserait croire un slogan dans un sens ou dans l’autre :
| Proposition | Chiffre | Sort |
|---|---|---|
| Investissement structurant des SDIS (amendement II-CF1334, PLF 2023, F. Chauche, rapporteur spécial) | 15 M€/an pendant 5 ans, soit 75 M€ | Rejeté en commission, octobre 2022 |
| Ressources pérennes des SDIS par la taxe sur les conventions d’assurance (I-CF594, PLF 2025) | ≈ +10 % du budget total des SDIS | Non adopté |
| Part « sécurité civile » de la taxe de séjour affectée aux SDIS (PLF 2026) | 0,10 à 0,50 €/nuitée | Non adopté |
| Financement des deux Canadairs prévus à 100 % par l’UE au lieu de 90 % (CL265, LOPMI 2022) | 2 appareils, 10 % du coût | Non adopté |
| Flotte de seize Canadairs — objectif gouvernemental de 2022, dont LFI réclame l’exécution (question écrite C. Lejeune, juillet 2025) | 12 → 16 appareils | Non réalisé (livraisons 2028-2033) |
| Bombardiers d’eau alternatifs français en attendant les DHC-515 (travaux Maudet, PLF 2026) | ≈ 30 M€ l’unité | Exploratoire |
Amendements et questions du groupe LFI, XVIᵉ et XVIIᵉ législatures. Liens en fin d’article. Le chiffre de 220 000 pompiers volontaires en 2027 qu’on croise parfois est un objectif gouvernemental, que LFI a soutenu et interrogé — pas une proposition LFI.
Deux observations d’honnêteté sur ce tableau. La première : la formule « LFI proposait tant de pompiers et tant de Canadairs » serait trompeuse — les archives montrent des mécanismes de financement (75 M€ d’investissement, ~+10 % de ressources pérennes, la « valeur du sauvé » du rapport Maudet–Pantel présenté dix jours avant l’épisode) et l’exigence de tenir des objectifs gouvernementaux existants, pas de cibles d’effectifs ou de flotte propres. La seconde : tout a été rejeté, retiré ou laissé sans suite, les budgets passant ensuite par 49.3. Face à cela, le réel : les effectifs de l’ONF ont fondu de 40 % en vingt ans, la flotte française compte douze Canadairs de plus de trente ans, la Cour des comptes dénonçait dès juillet 2022 un « défaut d’anticipation » de leur renouvellement — et les deux appareils commandés en juin 2026 seront livrés en 2032.
Maintenant, faisons travailler le modèle. Dans kokusho, une politique publique ne peut agir que par trois canaux, et ils n’ont pas du tout le même poids :
Canal 1 — les unités disponibles. Plus de pompiers, plus d’engins, une flotte aérienne à seize appareils au lieu de douze : dans le modèle, c’est la moyenne d’engagement qui monte. Et là, le rapprochement des deux tableaux de ce billet est instructif : les propositions parlementaires réelles — +10 % de budget des SDIS, 75 M€ d’investissement — sont d’un ordre de grandeur qui, rapporté à ma courbe de sensibilité, tombe dans la zone de saturation. Sur une journée tenable, avec tout le dispositif national massé sur un seul feu, +10 % n’aurait pas changé la surface brûlée. Leur valeur est ailleurs, et elle est double : de la marge sous le seuil pour le jour où les moyens sont dispersés — trois départs simultanés, une flotte à moitié clouée au sol, des colonnes à huit heures de route — et du matériel qui part plus vite sur les feux naissants, le canal que mon modèle ne représente pas encore et où chaque appareil disponible compte double. C’est très exactement le terrain des seize Canadairs et des avions de complément à 30 M€ : pas gagner la bataille du 24 juillet, faire qu’elle n’ait pas lieu.
Canal 2 — la largeur des coupures. La DFCI — défense de la forêt contre l’incendie — c’est ce réseau de pistes sablonneuses, de pare-feux et de points d’eau qui quadrille le massif landais précisément pour offrir aux secours des lignes d’appui toutes prêtes. Entretenue, débroussaillée, élargie — du travail d’ONF et de collectivités financées — c’est, dans le modèle, des coupures plus larges, donc des probabilités de tenue plus hautes à intensité égale. C’est le canal des 40 % d’effectifs ONF perdus : l’entretien du réseau est précisément le travail qui a été déshabillé. Difficile à chiffrer, mais le mécanisme est le bon.
Canal 3 — le combustible lui-même. Et c’est le canal décisif, parce que c’est le seul qui agit sur l’intensité. Le massif landais est une monoculture de pin maritime d’un million d’hectares — notre carte de combustible est monochrome, et cette monochromie est une politique publique vieille de cent soixante-dix ans. Une forêt diversifiée en essences et en âges, morcelée de feuillus moins inflammables, c’est une intensité de front plus basse ; et l’intensité est la seule grandeur qui décide si une ligne est tenable. En dessous de 2 000 kW/m, tout le monde tient. Au-dessus de 10 000, personne. Les mesures lentes sont les seules qui déplacent les seuils. Mais soyons honnêtes sur l’horizon : deux mandats ne transforment pas une pinède industrielle — dix ans de diversification, ce sont des lisières, des parcelles-test, des interfaces mieux tenues. L’effet en 2026 aurait été marginal ; l’effet en 2046 serait structurel.
Et le 24 juillet ? C’est la question qui départage l’honnêteté d’un contrefactuel. Réponse du modèle : ce jour-là, rien de ce qui précède ne suffisait. Avec 50 % de moyens en plus, la surface simulée du 24 ne bouge pas d’un hectare : les lignes cèdent à l’intensité, pas au nombre. Quand le front dépasse 10 000 kW/m, l’arithmétique des moyens ne s’applique plus — on ne bulldoze pas face à une tempête de feu. La seule victoire possible le 24 était en amont : que le feu n’ait jamais atteint cette taille. Attaque des feux naissants dans la première heure — ce que la flotte aérienne vieillissante fait de moins en moins vite — et prévention pour que le départ de feu accidentel d’un chantier de débroussaillage ne trouve pas 40 °C, un vent d’est et une pinède continue. Autrement dit : sur les journées extrêmes, seule la politique d’avant l’incendie existe. Et les journées extrêmes sont précisément celles qui fabriquent les mégafeux.
Les limites de l’exercice, sans lesquelles il ne vaut rien : le programme lui-même ne chiffre ni pompiers ni avions, et les chiffres parlementaires réels (75 M€, +10 %) sont bien plus modestes que les ±50 % de mon tableau, qui restent une hypothèse de lecture ; le modèle est expérimental et son biais résiduel est documenté ; la canicule, le vent et un siècle et demi de monoculture ne se gouvernent pas en deux mandats ; et un contrefactuel ne se vérifie jamais. Ce que l’exercice établit est plus modeste et plus solide : par quels canaux une politique agit sur un mégafeu, et lesquels de ces canaux étaient saturés le 24 juillet.
Ce que j’en retiens
Le premier billet se terminait sur une leçon de modélisation : le modèle ne répondait pas à la question que je croyais lui poser. Celui-ci se termine sur la leçon symétrique, côté politique : « plus de moyens » n’est pas une réponse unique, parce que « le feu » n’est pas un problème unique. Il y a les journées tenables, où chaque unité supplémentaire achète des hectares — là, les Canadairs de 2032 commandés en 2026 sont un scandale d’arithmétique budgétaire. Et il y a les journées intenables, où la seule politique qui existe encore s’est jouée dix ans plus tôt, dans la composition de la forêt, l’entretien des coupures, et la vitesse d’attaque des feux naissants.
Un programme politique qui veut peser sur les mégafeux se juge donc à l’aune de ces deux régimes à la fois. Sur le premier, le programme donne la direction et c’est au Parlement qu’on trouve les chiffres : modestes — 75 millions, +10 % —, systématiquement rejetés ou passés sous 49.3, mais posés aux deux endroits que le modèle désigne comme les vrais leviers du régime tenable, le financement pérenne des SDIS et la flotte d’attaque initiale. Sur le second — la forêt, ses effectifs, sa diversité — l’Avenir en commun pose le problème à l’endroit où les seuils se déplacent. Et il faut inscrire au bilan ce que ni les programmes ni mon modèle ne comptent : la marge fournie par la société elle-même — les tonnes à eau des agriculteurs, les bénévoles des centres de ravitaillement — qui a tenu cette fois encore, et qu’aucun État sérieusement dimensionné ne devrait inscrire à son budget comme un acquis.
Il faut finir en le disant sans détour : ce qui vient de se passer n’est pas une anomalie, c’est un aperçu. Le rapport sénatorial de 2022 — celui-là même qui chiffrait le sous-investissement — l’écrivait noir sur blanc : d’ici 2050, les surfaces brûlées pourraient augmenter de 80 %, et près de la moitié des landes et forêts métropolitaines être exposées à un risque incendie élevé. Quatre ans après Landiras, la même forêt a rebrûlé — plus grand, plus vite, plus près de Bordeaux. Deux « feux du siècle » en quatre ans ne font pas une exception : ils font un régime. C’est le nouveau normal, et sa signature est précisément la plus inquiétante des deux colonnes de ma courbe : les journées intenables du type 24 juillet, celles où l’arithmétique des moyens ne s’applique plus, seront chaque été plus nombreuses.
Vous connaissez la scène : le chat au bord de la table, la patte sur le verre, les yeux plantés dans les vôtres — et il pousse. On rit du chat. On devrait regarder l’observateur : celui qui voit le verre glisser et ne bouge pas n’est pas un témoin, il est coauteur de la casse. Voilà quatre ans que ce verre glisse sous nos yeux à tous. Les rapports étaient sur la table — la Cour des comptes en 2022, le Sénat en 2022, les fédérations de pompiers année après année. Les amendements étaient déposés — 75 millions pour les camions en 2022, rejetés ; les crédits Canadair, rejetés puis passés sous 49.3 ; la commande d’appareils, annulée en 2024 pour être repassée en 2026, livraison 2032. Les suppressions de postes à l’ONF continuent en 2026, l’été même où la forêt brûle. À ce stade, le mot « défaillances » est trop doux : ce sont des choix, faits en connaissance de cause, par des gens qui avaient les chiffres. Et ce billet a passé assez de temps à mesurer pour gagner le droit de le dire : je ne serai pas l’observateur qui ne dit rien au chat.
Et ne me croyez pas sur parole : au cœur de l’épisode, le média indépendant Bon Pote a refait le compte, scrutin par scrutin, des votes de l’Assemblée sur la lutte anti-incendie. Le tableau est sans ambiguïté : deux blocs. D’un côté communistes, insoumis, écologistes et socialistes, qui votent les moyens et la prévention ; de l’autre, du parti présidentiel au Rassemblement national, qui votent l’inverse — la taxe de séjour pour les SDIS, rejetée deux fois ; la contribution des assureurs, rejetée quand l’amendement en attendait « au moins 800 millions d’euros » ; le programme de recrutement de pompiers professionnels, voté par la seule gauche avec LIOT ; et le décret signé Gabriel Attal en 2024 qui annule 50 millions de crédits de sécurité civile, emportant la commande de deux Canadairs. La seule unanimité du dossier : 3 millions pour la DFCI — on mesure l’ordre de grandeur des consensus. Et la mesure qui ressemble trait pour trait au canal combustible de mon modèle — des pare-feux de feuillus entre les parcelles de résineux, pour casser la continuité de la pinède — n’a été votée que par les insoumis, les socialistes et les écologistes. Les seuils dont parle ce billet ont une couleur politique au Parlement, et elle est vérifiable vote par vote.
Alors oui, ce billet prend parti. De tout ce que j’ai lu et recoupé, l’Avenir en commun est aujourd’hui le seul programme national qui réponde aux deux régimes à la fois — et les scrutins ci-dessus montrent que lorsque ces mesures arrivent en séance, c’est la gauche entière qui les vote : le combustible et la forêt — diversification des essences, fin des coupes rases, effectifs de l’ONF doublés, là où se déplacent les seuils qui décident qu’une ligne est tenable — et le dimensionnement de la sécurité civile — financement pérenne des SDIS par la « valeur du sauvé », flotte d’attaque initiale maintenant et pas en 2033. Qu’on ne me réponde pas que ses chiffres manquent : ils ont été déposés, amendement après amendement, sous les numéros que cite ce billet — et c’est ceux qui les ont rejetés qui doivent aujourd’hui des comptes. Le reste de l’offre politique, quand elle parle du feu, ne parle que d’avions — le régime tenable — et jamais du combustible — le régime qui tue. Or les Canadairs de 2033 ne changeront rien aux journées où rien ne vole, et ces journées-là sont celles qui font les mégafeux. Un programme qui ne parle pas de la forêt ne parle pas du problème. Les tracteurs des agriculteurs ont tenu la ligne cette fois. La prochaine fois — et le nouveau normal garantit qu’il y en aura une — j’aimerais que la République y soit avant eux.
Le feu, lui, n’attend pas la fin du débat : Météo-France annonce une nouvelle vague de chaleur. La carte continue de tourner.
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Expérimental, sans valeur officielle. En cas d’incendie, la seule source qui fait foi est la préfecture : landes.gouv.fr · gironde.gouv.fr.
Sources
- Chronologie et bilan : Wikipédia, Feux de forêt de 2026 en Gironde et dans les Landes ; communiqués préfecture de la Gironde et préfecture des Landes ; points de situation franceinfo (27 juillet) et France 2 (28 juillet).
- Blayais : Montel News, 27 juillet 2026. Sites stratégiques : armees.com.
- Programme : l’Avenir en commun, section 27 ; livret Forêt ; sections 68 et 79 sur laec.fr.
- Les votes de l’Assemblée, scrutin par scrutin : Bon Pote, « Quels partis politiques ont voté pour la lutte anti-incendie ? », Sophie Kloetzli, 27 juillet 2026 — taxe de séjour SDIS (scrutins 302 et 4074, XVIIᵉ lég.), contribution des assureurs (4076), recrutement de pompiers professionnels (133, XVIᵉ lég.), plan d’adaptation de la forêt (1509), pare-feux de feuillus entre résineux (1556), décret d’annulation de 50 M€ de crédits de sécurité civile (2024).
- Parlement et budget : amendements II-CF1334 (PLF 2023, 75 M€ SDIS), I-CF594 (PLF 2025, TSCA ≈ +10 % SDIS), I-3166 (PLF 2026, taxe de séjour), CL265 (LOPMI 2022, Canadairs 100 % UE), II-CF2221 (PLF 2026, avions de complément ≈ 30 M€) ; questions écrites n° 2391 (F. Chauche, volontaires) et n° 9156 (C. Lejeune, seize Canadairs) ; nosparlementaires.fr, « Canadair : ce que le Parlement a voté » ; La Gazette des communes, rapport « valeur du sauvé ».
- Contexte : Basta!, effectifs de l’ONF ; Cour des comptes, référé du 26 juillet 2022 ; L’Usine nouvelle, commande de Canadairs (juin 2026) ; Sénat, rapport n° 856 (2022).
- Logistique et entraide, épisode 2026 : sept Canadairs sur douze opérationnels (Le Monde, via Wikipédia) ; appel préfectoral aux tonnes à eau (Landes, 24 juillet, 7 h) ; Vitisphere : 100 agriculteurs intervenus, 500 volontaires, appel suspendu ; coordination par la chambre d’agriculture de la Gironde ; point préfectoral du 27 juillet : bilan, 103 km de pare-feux ; franceinfo : le ravitaillement tenu par des bénévoles ; franceinfo : « on n’a pas suffisamment de moyens » ; France 3 : « Je voulais être utile » ; Bordeaux Métropole : accueil à Bordeaux-Lac, collecte de dons ; CNEWS : un pompier volontaire mort en mission de ravitaillement ; SNSPP-PATS, 6 juillet 2026 : plus de 300 véhicules manquants ; reportage : « on court après le feu », le camion de 13 000 litres ; la colonne de renfort francilienne, les 22 km de pins coupés en 24 h.
- Le précédent de 2022 et les constats structurels : Réussir : les tonnes à lisier de Landiras (50 000 litres apportés) ; Réussir : plus de 100 tracteurs et tonnes recensés en Gironde (août 2022) ; Pleinchamp : « jusqu’à trois heures par jour » gagnées, et la formalisation de 2026 ; ministère de l’Agriculture, 2022 ; Europe 1 : la population ravitaille les pompiers (La Teste, 2022) ; parc de camions-citernes : 5 117 (2002) → 3 845 (2020), vétusté 61 %, objectif FNSPF de 10 000 (données DGSCGC citées en annexe budgétaire) ; Sénat, PLF 2023 : « sous-investissement chronique », et les pactes capacitaires ; FO-SIS : « un modèle de sécurité civile à bout de souffle ».
- Physique du feu : Byram G.M. (1959), « Combustion of forest fuels », dans K.P. Davis (dir.), Forest Fire: Control and Use, McGraw-Hill — l’intensité de front I = H·w·R et la relation de longueur de flamme L = 0,0775·I0,46 ; Rothermel R.C. (1972), A Mathematical Model for Predicting Fire Spread in Wildland Fuels, USDA Forest Service INT-115 — l’amortissement par l’humidité des combustibles fins ; Simard A.J. (1968), The Estimation of Moisture Content of Fine Fuels, Forest Fire Research Institute, Ottawa, FF-X-14 — la formule d’humidité instantanée utilisée (et critiquée) ici ; Van Wagner C.E. (1987), Development and Structure of the Canadian Forest Fire Weather Index System, Service canadien des forêts, rapport technique 35 — les indices à mémoire DMC/DC.
- Seuils opérationnels de tenue : Hirsch K.G. & Martell D.L. (1996), « A Review of Initial Attack Fire Crew Productivity and Effectiveness », International Journal of Wildland Fire 6(4) ; Alexander M.E. & Cruz M.G. (2019), « Fireline Intensity », dans Encyclopedia of Wildfires and Wildland-Urban Interface (WUI) Fires, Springer — attaque directe possible sous 2 000 kW/m, engins jusqu’à ~4 000, rien ne tient au-delà de 10 000 ; la règle « une coupure tient à partir de deux longueurs de flamme » est une règle de l’art d’aménagement DFCI, traitée ici en transition douce plutôt qu’en seuil net.
- Algorithmique du confinement : Ford L.R. & Fulkerson D.R. (1956), « Maximal Flow Through a Network », Canadian Journal of Mathematics 8 — le théorème coupe-min/flot-max ; scipy.sparse.csgraph.maximum_flow (algorithme de Dinitz) ; le passage des capacités de nœuds aux capacités d’arêtes (node splitting) est décrit dans Ahuja R.K., Magnanti T.L. & Orlin J.B. (1993), Network Flows, Prentice Hall, § 2.4 ; panorama des modèles de propagation (automates cellulaires compris) : Sullivan A.L. (2009), « Wildland surface fire spread modelling, 1990–2007 », IJWF 18, trois parties.
- Scores de validation : Brier G.W. (1950), « Verification of Forecasts Expressed in Terms of Probability », Monthly Weather Review 78 ; AUC calculée par la statistique de Mann-Whitney ; diagrammes de fiabilité et scores spatiaux (Sørensen-Dice, Jaccard) : Wilks D.S. (2019), Statistical Methods in the Atmospheric Sciences, 4ᵉ éd., Elsevier. La comparaison à la persistance comme référence nulle est la garde-fou classique de la prévision.
- Données du modèle : NASA FIRMS, détections actives VIIRS 375 m (Schroeder W. et al. (2014), Remote Sensing of Environment 143) ; Open-Meteo (modèles Météo-France, et altimétrie Copernicus DEM GLO-90) ; occupation du sol et voirie : © contributeurs OpenStreetMap (ODbL) via l’API Overpass. Charges de combustible et vitesses de base par classe : ordres de grandeur assumés, documentés dans le code, pas un inventaire mesuré.